Oradour

     Samedi 10 juin 1944. Une journée ordinaire pour le modeste bourg d’Oradour sur Glane, en Limousin. Le soleil inonde la campagne. Les vaches sont dans les prés où l’herbe est grasse. Il y aura du foin cette année. Les enfants qui n’aident pas à la ferme sont à l’école. Des rumeurs circulent bien au sujet d’une cohorte motorisée de l’armée allemande qui remonte vers le front de Normandie où les alliés ont débarqué quatre jours plus tôt. Mais on ne s’en inquiète pas outre mesure. Ils seront bien trop pressés pour s’attarder dans un village sans histoire. Pourtant, vers 14 heures, des éléments de la division SS "Das Reich", se présentent. Sous le prétexte de contrôler l’identité des habitants, ils les rassemblent sur la place du Champ de Foire. Après discussion avec le maire, qui tente l’impossible pour protéger ses administrés, les femmes et les enfants sont conduits jusqu’à l’église. Les hommes sont regroupés et entraînés vers les garages, les granges et les remises. Le Stuhrmann führer, soi-disant à la recherche d’un dépôt de munitions, ordonne une perquisition. L’attente est longue. Assis dans le foin, les jeunes  discutent du match de foot prévu le lendemain. Les SS, armes sur l’épaule, semblent décontractés et chahutent entre eux. (La plupart ont entre 18 et 20 ans.) Les mitrailleuses orientées vers les lieux où sont parqués les hommes représentent la seule vraie menace. Soudain, une détonation retentit. Les SS se ruent sur leurs armes et font feu. Ils tirent pour tuer. Hommes, femmes et enfants. Pas de survivants ! Ils recouvrent les corps des hommes de paille et de fagots et y mettent le feu. Dans l’église, ils disposent une caisse de fumigènes dans le but d’asphyxier les femmes et les enfants puis ils ouvrent les portes et mitraillent à l’aveuglette. Le village est ensuite incendié, méthodiquement, maison par maison, hangars, remises, appentis. Dans sa rage meurtrière, la force brune ne veut pas laisser de traces. Lorsqu’ils reprennent leur route vers le nord, les SS abandonnent derrière eux 642 victimes. C’était le 10 juin 1944. Mais c’est encore aujourd’hui l’heure du souvenir pour que semblable tragédie ne se reproduise plus. Un vœu pieux ? Sans doute. Tant d’autres Oradour sur Glane sont endeuillés de par le monde ! La vie, ici, a repris son cours mais elle exige tout autant qu’hier de continuer à lutter pour la paix et à espérer.

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