13 novembre 2018

L'hiver sera rude

Le vieux chêne, immense, semble vouloir garder la lumière pour lui seul. Mais en fin de matinée, il consent généralement à en abandonner une part à la maison de Joseph. Pour l’heure, la brume enveloppe encore ses entours et le vent de traverse dessine çà et là des fantasmagories de rêve et de poésie. Les cloches de l’église sonnent tierce lorsque je frotte scrupuleusement mes chaussures contre la pierre du seuil, m’ébroue comme un chien qui sort de l’eau et toque à la porte. Entre et ferme donc, me crie la voix éraillée de... [Lire la suite]
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30 octobre 2018

Des hauts et des bas.

  Amoureux déçu de la Belle Meunière, le brave apprenti du poète allemand Wilhelm Müller était écœuré par la fade couleur verte qui habille pourtant si bien nos forêts au printemps revenu. Que n’avait-il attendu l’automne ! Sur le chemin qui me conduit chez mon amie Marthe Dumas au mas du Goth, les fougères dressent leurs hampes roussies, les vignes vierges dessinent dans les haies de longues guirlandes bordeaux luisantes de rosée et les charmilles ponctuent les futaies d’esquisses dorées. Hélas, en dépit du réchauffement... [Lire la suite]
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23 octobre 2018

Foie gras, Tharaud et Beethoven

     Nos ancêtres s’appliquaient hier à faire couler les fleuves de ville en ville afin de faciliter les échanges commerciaux, la circulation des idées et le tourisme de masse pour ceux qui n’en ont pas. Ainsi l’honorable cité de Périgueux, chef-lieu du département de la Dordogne, préfecture à plein titre et siège de l’évêché avait su prospérer tout en déployant ses monuments, ses administrations et ses supermarchés à l’écart des grandes voies modernes de communication avec entrée payante automatisée et paysages... [Lire la suite]
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16 octobre 2018

Tortueuse perversion

     Lorsqu’ils traçaient leurs sentiers de ferme en ferme et de bourg en bourg, les paysans de jadis avaient à cœur de respecter les vieux chênes centenaires, les ormes majestueux et les solides fayards qui peuplaient déjà nos contrées lorsque Rome abattit ses légions sur la Gaule. Les routes en ont conservé un goût prononcé pour le vagabondage entre champs et châtaigneraies. Je parviens enfin à atteindre la vitesse folle de quatre-vingt kilomètres par heure sur une courte ligne droite lorsque, soudain,... [Lire la suite]
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02 octobre 2018

Mozart ou AC/DC ?

Depuis la cuisine, la maîtresse de maison nous raconte à grand renfort de superlatifs la dernière aventure de son petit-fils. Mais l’orchestre symphonique de Baden-Baden lance le finale de la Jupiter de Mozart avec tant de vigueur qu’elle noie l’épilogue dans une confusion toute wagnérienne. Comme chaque année, nous célébrons chez mes voisins agriculteurs, Hélène et Sébastien, la fin de l’été, le départ des vacanciers et l’annonce du retour des moutons dans les prairies proches de la ferme. La sécheresse n’a guère épargné le refus,... [Lire la suite]
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25 septembre 2018

Le bal des chroniqueurs

      César est revenu de sa virée nocturne alors qu’en ces premiers jours d’automne le soleil hésite déjà à éclairer la vallée. Chose étrange pour une fois, il a patienté sur le perron de la cuisine sans réclamer de sa belle voix de gorge que je consente enfin à ouvrir la porte. Serait-il soudain rongé par les scrupules ? Il ne s’en est pas moins précipité vers sa gamelle de croquettes avant de gagner le canapé à pas de sénateur et de s’y adonner à sa grande toilette matutinale coutumière. Je dispose... [Lire la suite]
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18 septembre 2018

Le prix d'un moineau

La Marche nuptiale du Songe d’une nuit d’été de Félix Mendelssohn donné la semaine passée à l’Opéra-Théâtre de la Grande Ville trotte dans ma tête comme une ritournelle. La mise en image, comme elle dit, de Juliette Deschamps était audacieuse et originale. L’Orchestre Symphonique de Bordeaux-Aquitaine conduit par Paul Daniel n’en a pas moins respecté le compositeur et Shakespeare lui-même. Ici, également, l’été est fini. Les récoltes estivales sont achevées depuis longtemps. Les moutons paissent dans les prairies. Les vaches... [Lire la suite]
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11 septembre 2018

Le chant des cigales

La scène se déroule lors de la grande migration estivale du quinze août. Les cloches de l’église achèvent de sonner les dix coups de tierce lorsque j’entre dans la boulangerie. Comme d’habitude, la discussion est vive. La boulangère rapporte à l’aide-ménagère de la veuve du notaire une anecdote lue dans le journal. À la recherche de sa monnaie, celle-ci écoute distraitement mais les deux clients qui attendent leur tour en piaffant d’impatience grimacent ouvertement leur mécontentement. Ils ne connaissent pas notre polémiqueuse... [Lire la suite]
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04 septembre 2018

Les sentiers ensoleillés.

     Tu ne sais pas écrire avec ta main ? Ma petite voisine Anaïs revient toute fière de sa première journée d’école en GSM (Grande Section de Maternelle) et elle me voit avec étonnement tapoter sur mon clavier d’ordinateur. Elle, elle sait écrire son nom et son prénom en lettres majuscules et en lettres attachées ! Qu’est-ce que tu écris ? Sous les yeux de Maman qui s’impatiente, je lui explique que je raconte le ciel et les nuages, les arbres et les parterres de fleurs, mon chat César qui dort... [Lire la suite]
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26 juin 2018

Un arbre, un banc, un livre

Quelques livres évoqués au cours des derniers mois pour enrichir les vacances. L’Ordre étrange des choses d’António Damásio, aux éditions Odile Jacob. Les souvenirs sont ainsi. Ils ont leur vie propre, indépendante de la mémoire, du passé comme de l’avenir, et ils peuvent à tout moment submerger le présent comme une vague de solstice balaie une plage, une lagune, un village entier. Mon père lui aussi aimait à raconter… Chronique du 9 janvier 2018. L’homme inutile de Pierre-Noël Giraud, aux éditions Odile Jacob. On voit par-là que... [Lire la suite]
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