22 janvier 2019

Trou noir

C’est un matin d'hiver ordinaire. Le jour éclaire le ciel d’un blanc lumineux, un voile translucide enveloppe les branches des bouleaux et une dentelle de neige recouvre la pelouse du courtil. Une bûche de châtaignier crépite dans la cheminée, César dort sur le canapé, l’Orchestre Symphonique de Berlin dirigé par Gabriel Bebeselea égrène la Fantaisie Pastorale de Georges Enesco, Richard Powers m’emporte dans le monde fantastique des arbres. Lorsque le téléphone sonne. Je retrouve mon amie Marthe, du mas du Goth, à l’hôpital de la... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

18 janvier 2019

Réhabiliter la paresse

Depuis ma fenêtre, je regarde le jour caresser doucement la brume et y dessiner des rêves éphémères. J’aurais pu attendre encore sous la couette avant de chausser mes pantoufles mais bien qu’assujetti à la retraite depuis longtemps déjà, j’ai conservé la fâcheuse habitude de me lever tôt. L’influence persistante d’une enfance paysanne ? Celle du fameux dicton qui prétend que le monde appartient à ceux qui se lèvent à l’aube ? Cette hâte n’est pourtant en rien le propre de l’Homme. S’il est parvenu, au fil des... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,
15 janvier 2019

Jaune hivernal

Sous nos contrées à climat tempéré, l’année se décompose traditionnellement en quatre parties. Le solstice d’hiver convoque les vents de bise qui sèment le gel dans les flaques d’eau et enroulent des congères au bord des routes de montagne ; en contrepartie, le soleil se lève de plus en plus tôt et se couche de plus en plus tard. L’équinoxe consacrera l’égalité entre le jour et la nuit et l’arrivée de la reverdie. Les forsythias illuminent les palisses, les primevères les talus et les hirondelles font leur nid. Le solstice... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
08 janvier 2019

Le défi de la bienveillance et de la bonté.

Nous nous retrouvons cette année chez mes voisins Hélène et Sébastien pour célébrer comme il se doit le solstice d’hiver. Notre hôte a cueilli le gui et l’a accroché au-dessus de la porte d’entrée. Notre hôtesse a rôti l’oie fermière et dressé un couvert de fête. Nos voisins Juliette, Mathieu et Anaïs ont décoré de houx un chemin de table de saison. Outre un charpenté Bouscassé de trois ans d’âge et les Nocturnes de Frederik Chopin avec Ingrid Fliter au piano, je suis accompagné de notre vieille amie Marthe, du mas du Goth, munie de... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,
21 décembre 2018

Où vont les mots que l'on oublie ?

Aidée de mon chat César qui tourne complaisamment les pages d’une patte de velours, ma petite voisine Anaïs annone d’une voix encore hésitante les mots les plus impressionnants de mon dictionnaire de chevet. À charge pour moi de les décrypter et de les expliquer. Tu les connais tous ? Qui les connaîtrait tous ? Ils sont plus innombrables que les grains de sable des déserts ! Il en est d’ailleurs que nous ne connaîtrons jamais. Et il en est hélas que nous ne connaissons plus. Les mots que l’on oublie peuvent en... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :
18 décembre 2018

Le complot de la Mandragore

Une petite gelée matinale recouvre les feuilles mortes d’une fine couche argentée. Rassemblés malgré le froid au pied d’un amas de rochers oublié là depuis des millions d’années, un groupe d’intrépides explorateurs du passé emmitouflés dans leur manteau écoutent le guide leur conter la terrible histoire de la Mandragore. Imaginez un monstre d’au moins cinquante pieds de long, aux ailes gigantesques, aux pattes armées de griffes tranchantes et à la queue de serpent terminée par un dard acéré. Lorsque la faim la tenaille, la bête bat... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,

11 décembre 2018

Alain Mabankou à la recherche Mboua Mabé

Il n’est plus guère d’entrée de bourgade qui ne s’honore désormais de son rond-point agrémenté de retraités en gilet jaune et cerné de (petits) panneaux publicitaires, Garage de la Côte tous dépannages, Coupe-tifs HF, Chez Alexandrine épicerie-primeurs. Les campagnes se dépeuplent mais résistent et veulent avoir l’air de grandes villes pour retenir le touriste de passage. Il n’est plus guère de bourgade non plus sans son lotissement adossé aux maisons "bourgeoises" comme une verrue à la joue de la tante Adèle. Douze parcelles... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
06 décembre 2018

La désespérance.

Comme chaque semaine, je vais faire mes petites emplettes à la ville voisine. Des riens, des brimborions que ne me fournit pas mon jardin potager tels que des épices, des fruits, un peu de viande pour les protéines ou des pâtes de fruit, je suis gourmand de pâtes de fruit. Il a plu pendant trois jours sur la vallée et le ciel est encore bas. La route départementale étant plutôt sinueuse et la chaussée glissante et régulièrement jonchée de feuilles mortes, rouler à plus de 80km/h serait déraisonnable. Mais j’atteins malgré tout... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :
04 décembre 2018

Peste et choléra.

Accrochée à mi pente de la colline pour s’abriter des vents de bise et de traverse, l’antique ferme remontant au moins au 19ième siècle offre goulument sa façade grisâtre de calcaire charentais au soleil de midi. Dressé sur la pierre du seuil, Benoît accueille les rares visiteurs qui ont répondu à son appel. Regardez, dit-il en désignant l’autre versant de la vallée. Au sommet "débarrassé" de ses chênes et de ses châtaigniers, un pylône dessine un trait métallique sur le ciel. Ils vont en planter six autres comme ça et y pendre des... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,
27 novembre 2018

Retour à la savane.

En automne, la tâche du jardinier se résume souvent à ramasser les feuilles mortes qui jonchent chaque jour un peu plus la pelouse de son courtil. Il en devient disponible pour des promenades par les chemins creux et les bois environnants lorsque le ciel lui sourit sinon aux visites amicales lorsque ses mollets le chatouillent et l’invitent à sortir malgré tout de sa tanière. C’est ainsi que je retrouve Paul à son retour d’un séjour à l’hôpital pour cause d’accident cardiaque.  Les conseils de ses médecins sont simples.... [Lire la suite]
Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :