08 janvier 2019

Le défi de la bienveillance et de la bonté.

Nous nous retrouvons cette année chez mes voisins Hélène et Sébastien pour célébrer comme il se doit le solstice d’hiver. Notre hôte a cueilli le gui et l’a accroché au-dessus de la porte d’entrée. Notre hôtesse a rôti l’oie fermière et dressé un couvert de fête. Nos voisins Juliette, Mathieu et Anaïs ont décoré de houx un chemin de table de saison. Outre un charpenté Bouscassé de trois ans d’âge et les Nocturnes de Frederik Chopin avec Ingrid Fliter au piano, je suis accompagné de notre vieille amie Marthe, du mas du Goth, munie de... [Lire la suite]
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21 décembre 2018

Où vont les mots que l'on oublie ?

Aidée de mon chat César qui tourne complaisamment les pages d’une patte de velours, ma petite voisine Anaïs annone d’une voix encore hésitante les mots les plus impressionnants de mon dictionnaire de chevet. À charge pour moi de les décrypter et de les expliquer. Tu les connais tous ? Qui les connaîtrait tous ? Ils sont plus innombrables que les grains de sable des déserts ! Il en est d’ailleurs que nous ne connaîtrons jamais. Et il en est hélas que nous ne connaissons plus. Les mots que l’on oublie peuvent en... [Lire la suite]
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18 décembre 2018

Le complot de la Mandragore

Une petite gelée matinale recouvre les feuilles mortes d’une fine couche argentée. Rassemblés malgré le froid au pied d’un amas de rochers oublié là depuis des millions d’années, un groupe d’intrépides explorateurs du passé emmitouflés dans leur manteau écoutent le guide leur conter la terrible histoire de la Mandragore. Imaginez un monstre d’au moins cinquante pieds de long, aux ailes gigantesques, aux pattes armées de griffes tranchantes et à la queue de serpent terminée par un dard acéré. Lorsque la faim la tenaille, la bête bat... [Lire la suite]
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11 décembre 2018

Alain Mabankou à la recherche Mboua Mabé

Il n’est plus guère d’entrée de bourgade qui ne s’honore désormais de son rond-point agrémenté de retraités en gilet jaune et cerné de (petits) panneaux publicitaires, Garage de la Côte tous dépannages, Coupe-tifs HF, Chez Alexandrine épicerie-primeurs. Les campagnes se dépeuplent mais résistent et veulent avoir l’air de grandes villes pour retenir le touriste de passage. Il n’est plus guère de bourgade non plus sans son lotissement adossé aux maisons "bourgeoises" comme une verrue à la joue de la tante Adèle. Douze parcelles... [Lire la suite]
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06 décembre 2018

La désespérance.

Comme chaque semaine, je vais faire mes petites emplettes à la ville voisine. Des riens, des brimborions que ne me fournit pas mon jardin potager tels que des épices, des fruits, un peu de viande pour les protéines ou des pâtes de fruit, je suis gourmand de pâtes de fruit. Il a plu pendant trois jours sur la vallée et le ciel est encore bas. La route départementale étant plutôt sinueuse et la chaussée glissante et régulièrement jonchée de feuilles mortes, rouler à plus de 80km/h serait déraisonnable. Mais j’atteins malgré tout... [Lire la suite]
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04 décembre 2018

Peste et choléra.

Accrochée à mi pente de la colline pour s’abriter des vents de bise et de traverse, l’antique ferme remontant au moins au 19ième siècle offre goulument sa façade grisâtre de calcaire charentais au soleil de midi. Dressé sur la pierre du seuil, Benoît accueille les rares visiteurs qui ont répondu à son appel. Regardez, dit-il en désignant l’autre versant de la vallée. Au sommet "débarrassé" de ses chênes et de ses châtaigniers, un pylône dessine un trait métallique sur le ciel. Ils vont en planter six autres comme ça et y pendre des... [Lire la suite]
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27 novembre 2018

Retour à la savane.

En automne, la tâche du jardinier se résume souvent à ramasser les feuilles mortes qui jonchent chaque jour un peu plus la pelouse de son courtil. Il en devient disponible pour des promenades par les chemins creux et les bois environnants lorsque le ciel lui sourit sinon aux visites amicales lorsque ses mollets le chatouillent et l’invitent à sortir malgré tout de sa tanière. C’est ainsi que je retrouve Paul à son retour d’un séjour à l’hôpital pour cause d’accident cardiaque.  Les conseils de ses médecins sont simples.... [Lire la suite]
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20 novembre 2018

La cohérence des choses.

    Au bout du chemin creux qui longe mon courtil, il est un ru de peu. Il sourd discrètement quelques perches plus haut d’une énorme rocaille, dévale la colline, s’égare dans les genêts comme s’il voulait s’y perdre, serpente paresseux entre ajoncs et bruyères puis creuse enfin son lit dans le sous-bois de chênes avant de se jeter dans l’ombre de la combe où dort entre ses vergnes un pacifique étang de modeste fortune.  Or il m’est arrivé au détour de flâneries d’apercevoir parfois un linge agrippé aux buissons qui... [Lire la suite]
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13 novembre 2018

L'hiver sera rude

Le vieux chêne, immense, semble vouloir garder la lumière pour lui seul. Mais en fin de matinée, il consent généralement à en abandonner une part à la maison de Joseph. Pour l’heure, la brume enveloppe encore ses entours et le vent de traverse dessine çà et là des fantasmagories de rêve et de poésie. Les cloches de l’église sonnent tierce lorsque je frotte scrupuleusement mes chaussures contre la pierre du seuil, m’ébroue comme un chien qui sort de l’eau et toque à la porte. Entre et ferme donc, me crie la voix éraillée de... [Lire la suite]
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06 novembre 2018

Serge Joncour. Meurtris de corps et d'âme.

     De tristes froidures plongent mon courtil dans une grisaille toute automnale. Pour réchauffer l’air frisquet, une petite flambée d’acacia fume dans la cheminée et, à la radio, le Quatuor Amadeus égrène le deuxième mouvement andante con moto du quatuor à cordes n°14 en ré mineur de Franz Schubert. Ma jeune amie Anaïs est assise dans le canapé, mon chat César allongé de tout son long d’un côté et moi recroquevillé à l’autre bout. C’est heure de l’histoire en attendant l’arrivée de Papa. Comme la dernière fois... [Lire la suite]
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