Chroniques d'un vieux bougon

20 août 2019

La perluette

banc7

banc7a

retrouver la Perluette ici

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


13 août 2019

Jean Rousselot

banc6

banc6a

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

06 août 2019

René-Guy Cadou

banc5

banc5a

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

30 juillet 2019

Georges-Emmanuel Clancier

banc9

banc9a

(Photo Jean-Christophe Laforge)

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Eugène Guillevic

banc4

banc4a

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


23 juillet 2019

André Duprat

banc3

banc3a

 

Retrouver André Duprat ici

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

16 juillet 2019

Rina Lasnier

banc2

banc2a

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

09 juillet 2019

André Duprat

banc1

banc1a

 

Retrouver André Duprat ici

Posté par roland bosquet à 09:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

02 juillet 2019

Trois fois rien.

123917337

Le ciel arbore un bleu d’azur estival, les oiseaux chantent dans les haies et l’hibiscus qui marque l’entrée de sa cour dégage de sensuelles fragrances de musc et d’ambre gris.  Et pourtant, mon amie Marthe Dumas est, ce matin, d’une humeur massacrante. Elle houspille sa chatte noire qui se frotte contre ses jambes à la recherche d’une caresse, marmonne entre ses dents un juron bien senti à l’adresse de sa canne qui glisse sur le sol et grogne en hochant la tête devant l’absence persistante de son "aide-ménagère". À peine répond-elle à mon "bonjour" lorsque je franchis la porte de sa cuisine. Que se passe-t-il ? Elle agrippe un cahier d’écolier qui semble attendre sur la table et l’agite sous mon nez en grognant : regardez !

J’ouvre les pages chiffonnées pour avoir été souvent manipulées et couvertes d’une belle écriture à l’encre violette comme on savait faire au début du siècle dernier dans les écoles communales. Une longue liste de faits divers s’aligne sagement entre les lignes. Une première lecture, j’avoue superficielle, ne me permet pas de déterminer quel lien les unis. J’en retiens toutefois quelques-uns, même si l’ensemble m’apparaît malgré tout assez peu cohérent.

Ainsi, à la date du 6 mai dernier, je lis que naissait à l’hôpital de Portland, en plein centre de Londres, un "royal baby " de 3,3kg. Le même jour et au petit matin également, la brigade des stupéfiants saisissait 3,3kg de cocaïne dans un appartement situé au numéro 333 de la rue Maurice Thorez d’une ville de la banlieue de Bordeaux (département 33).  À la même heure mais à de nombreux kilomètres de là, la voiture d’Alice, 33 ans, percutait un arbre de plein fouet ; son dernier message téléphonique, à 6h33 exactement, informait son employeur qu’elle aurait du retard. Un peu plus tard dans la matinée, à Pfaffenhoffen, un modeste bourg peu éloigné de la ville d’Haguenau, Élisabeth, 66 ans, consultait son médecin référent pour une mauvaise bronchite : dite 33 lui demanda ce dernier. Elle obéit docilement. Il détecta une déficience cardiaque et l’envoya, derechef, vers l’hôpital de Strasbourg. Au même moment, Germaine Michalon, à la retraite depuis 3 ans, achetait 3,3kg de sucre cristallisé en vrac au magasin de producteurs bio à côté de chez elle en prévision de ses futures confitures.

Et alors ? dis-je à Marthe sans chercher à masquer mon étonnement. Vous n’avez pas remarqué ? À chaque fois, il y a le chiffre trois ou un multiple ! Vous appelez cela une coïncidence ?

Le chiffre 3 ou ses multiples sont partout. Selon les archéo-anthropologues, la nature aurait créé les hominidés, dont font partie les Homo-sapiens, il y a 3 millions d’années. Plus proche de nous et selon la Bible, Dieu aurait créé l’homme et la femme le sixième jour, les rois mages étaient au nombre de 3 et Jésus avait 12 apôtres. Selon la légende, c’est en 1066, que Mathilde, épouse du duc normand Guillaume le Conquérant, commença à broder au point de croix la fameuse tapisserie dite de Bayeux et longue de près de 6 mètres. En 1333, naissait Blanche de Navarre qui deviendra reine de France. Le 26 janvier 1666, Louis XIV déclarait une fois de plus la guerre à l’Angleterre et le 6 du 9ème mois de la même année, l’incendie qui ravagea Londres à près de 60% mettait fin à l’épidémie de peste. 

En réalité, on peut tout faire dire aux chiffres et réciproquement. Ainsi en divisant la distance entre la Terre et la Lune (384400km) par 333 on peut même déterminer l’âge du capitaine Crochet ! Il vaut donc mieux ne tenir aucun "conte" de ces approximations numérologiques.

Toutefois, vous qui, comme 66% des Français partirez en vacances à la mer ou confierez par 39° à l'ombre vos enfants de 3, 6 et 9 ans à leurs Grands-parents de 66 ans, soyez tout de même prudents. On ne sait jamais…

(Suivre régulièrement les chroniques du vieux bougon en s’abonnant à newsletter)

Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

25 juin 2019

Un arbre, un banc, un livre.

7_livres

Un silence majestueux à peine ourlé du bavardage des oiseaux baigne la campagne. Après une journée trépidante sous la chaleur de l’été, il peut être doux de s’asseoir enfin dans la paix du soir et de laisser courir ses idées au fil de son imagination. On peut aussi prendre un livre et se laisser guider par les mots.

Voici quelques titres rencontrés au cours de l’année passée, quelques auteurs dont l’écriture transcende le quotidien avec bonheur, quelques histoires que l’on aurait pu vivre peut-être et quelques personnages qui, au fond, nous ressemblent un peu.

Chien loup de Serge Joncour aux éditions Flammarion. Deux citadins dans l’âme, lui producteur de cinéma et elle actrice, se réfugient pour tout un mois d’été dans une maison isolée de tout et perchée sur une colline pelée brûlée par le soleil. Elle espère trouver la paix et le silence. Lui s’affole de n’avoir plus aucun contact avec la civilisation du téléphone portable et de l’internet. Le poids des légendes locales remontant des siècles noirs du passé et tapissant d’effroi les paysages grandioses qui les entourent pèseront bientôt sur leurs épaules. (Chronique du 06.11.2018)

Les hirondelles sont immortelles d’Alain Mabankou aux éditions du Seuil. À Pointe-Noire, de chaque côté des rues cahoteuses qui conduisent aux décharges sauvages, s’étalent des parcelles surpeuplées et grouillantes de vie. Michel, collégien aux Trois Glorieuses, entre Papa Roger, employé à l’hôtel Victory Palace, et Maman Pauline, commerçante en bananes au Marché Central, aurait pu poursuivre entre étourderie et curiosité son apprentissage de l’existence. Les virées dans le quartier Voungou, la découverte des filles qui font des choses qu’il ne veut pas étaler ici autrement on va dire qu’il exagère toujours et les belles voitures des capitalistes qu’il achètera forcément un jour. Mais Alain Mabankou est roué et nous entraîne dans le tourbillon de l’un de ces inévitables coups d’état qui secouent l’Afrique depuis la décolonisation. (Chronique du 11.12.2018)

Un étrange pays de Muriel Barbery aux éditions Gallimard. Ses elfes nous emportent cette fois dans un ballet fantasque et capricieux, confus comme une forêt tropicale avec ses fougères arborescentes, ses lianes ensorceleuses et ses canopées perdues dans le ciel lorsque tout s’arrête et se fige. Un mot jaillit du chaos, secret comme un monde oublié et vaste à la fois comme un univers. Comme s’il contenait à lui seul tous les mots de tous les livres. Illisible d’abord comme une calligraphie antique mais limpide comme une eau de source, il emmène le lecteur par des chemins de traverse vers des territoires aussi lointains que les plaines chaotiques de l’Histoire. (Chronique du 08.02.2019)

L’Arbre monde de Richard Powers, traduction de Serge Chauvin aux éditions du Cherche Midi. Au cours d’une promenade en forêt, nous parcourons un monde en soi, avec ses habitudes, ses règles et ses multiples liens communautaires. Nous ne les voyons pas, nous ne les entendons pas, nous ne les sentons pas mais ils sont bien réels et bien vivants.  Hêtres, chênes ou châtaigniers, sapins, frênes ou bouleaux, noisetiers, églantiers ou ronciers échangent entre eux de mille façons mille informations sur la qualité de l’air, la pureté de l’eau et la richesse du sol ou sur l’approche d’éventuels prédateurs qui porteraient atteinte à leur croissance ou à leur survie propre ou collective. Tous sont associés et en harmonie, du champignon microscopique qui apporte nutriments et sels minéraux puisés dans le sol à la feuille qui transforme la lumière en composés organiques. Un monde en soi qui recouvre toute la planète. (Chronique du 08.03.2019)

Né d’aucune femme de Franck Bouysse aux éditions La manufacture du livre. Gabriel, modeste curé de campagne, subtilise à la requête d’une inconnue entendue en confession, un cahier dissimulé dans les hardes d’une morte de l’asile de fous voisin. Une certaine Rose y raconte les jours terribles qui suivirent son départ de la ferme de ses parents alors que son père venait de la vendre pour quelques pièces à un notable local. Elle avait quatorze ans et son avenir s’annonçait déjà rude. Il deviendra cauchemar avec la réclusion dans un manoir isolé et la trime du matin au soir au service des châtelains mais surtout à cause de la brutalité revêche du "maître" et la perversité de "la vieille", sa mère, impitoyable comme une écharde. (Chronique du 12.03.2019)

Braves gens du Purgatoire de Pierre Pelot aux éditions Héloïse d’Ormesson. Le monde des livres est injuste envers Pierre Pelot qui y mériterait une plus large place. Son écriture alerte et riche en couleurs nous entraîne cette fois dans le petit village de Purgatoire niché à la croisée des sommets vosgiens. Les habitants s'interrogent et la rumeur enfle. Maxime aurait assassiné sa femme avant de se suicider. Mais Lorena, leur petite-fille, n'y croit pas un instant et entend bien le prouver. Auprès de Simon, dépositaire de la mémoire des lieux, elle espère lever le voile sur l'histoire de la famille Bansher et les sombres secrets qui hantent leur vallée depuis près de cent ans.

Des mots, des phrases, des frissons, des inconnus si proches de nous, des paysages que l’on croyait connaître, des histoires où l’on aurait pu prendre une place. En un mot, des drames et des joies qui font notre humanité. Cette petite liste d'ouvrages peut par ailleurs s'augmenter grâce aux conseils du "Médiateur" et du "Peregerard". Car les livres-mondes nous aident à nous retrouver, à nous rencontrer et à nous comprendre.

(Suivre régulièrement les chroniques du vieux bougon en s’abonnant à newsletter)

Posté par roland bosquet à 06:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :