Chroniques d'un vieux bougon

14 août 2018

Jeanne d'Arc, poésie

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07 août 2018

Yves Sandre, poésie

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31 juillet 2018

Lu Yu, poésie

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24 juillet 2018

Yves-André LeFol, poésie

Poesie_LeFol_10_juillet

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17 juillet 2018

Frederico Garcia Lorca, poésie

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10 juillet 2018

Georges-Emmanuel Clancier, poésie

        Le 4 juillet dernier, Georges-Emmanuel Clancier a rejoint ses camarades de l’École de Rochefort. Les rares médias qui en parlent évoquent bien sûr Le Pain Noir, cette fresque paysanne autour de 1900 au succès littéraire et télévisuel retentissant. Mais Georges-Emmanuel Clancier est d’abord un poète, dans la lignée des Jean Bouhier, René-Guy Cadou, Jean Rousselot, Maurice Fombeure, Marcel Béalu, Luc Bérimont et Eugène Guillevic. C’est d’ailleurs à lui qu’il adresse ce message de fraternité.

Clancier

(Photo de couverture de Le temps d’apprendre à vivre, éditions Albin Michel)

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03 juillet 2018

Homère, poésie.

Homere_Tesson

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26 juin 2018

Un arbre, un banc, un livre

larbe_alivres

Quelques livres évoqués au cours des derniers mois pour enrichir les vacances.

L’Ordre étrange des choses d’António Damásio, aux éditions Odile Jacob. Les souvenirs sont ainsi. Ils ont leur vie propre, indépendante de la mémoire, du passé comme de l’avenir, et ils peuvent à tout moment submerger le présent comme une vague de solstice balaie une plage, une lagune, un village entier. Mon père lui aussi aimait à raconter… Chronique du 9 janvier 2018.

L’homme inutile de Pierre-Noël Giraud, aux éditions Odile Jacob. On voit par-là que le téléspectateur qui ne pratique aucun sport, délaisse le jardinage et ignore la lecture est d’abord considéré comme un corps à soigner et un ventre à remplir et rarement comme un cerveau à enrichir en éléments de réflexion et dont il faut muscler les neurones, stimuler les synapses et dynamiser les influx nerveux… Chronique du 9 février 2018.

Roman d’Ulysse de Simone Bertière aux éditions de Fallois. La rumeur a pris naissance à la boulangerie puis a gagné le bureau de tabac-presse, le bistrot de la place de l’église et l’officine de la pharmacienne avant de contaminer les hameaux les plus éloignés. Bertrand est de retour ! Mais qui est ce Bertrand ? …Chronique du 23 février 2018.

Et nos frères pourtant de Patrick Le Hyaric, aux éditions de l’Humanité. Abel, le berger, représenterait l’ancien monde des chasseurs-cueilleurs, des aventuriers, des instables, des vagabonds. Caïn, au contraire, qui passe sa vie non pas à rêver le nez au vent mais le dos courbé sur le sol pour lui arracher sa subsistance, serait à l’origine du monde organisé des villages, des villes, des empires…Chronique du 3 avril 2018.

L’Ordre du Temps, Carlo Rovelli, traduit de l’italien par Sophie Lem, aux éditions Flammarion. Le silence mauve se dépose sur le soir et égrène doucement sa mélancolie. Un semis d’étoiles habille le ciel, les constellations font leur grand spectacle. La Grande Ourse, pataude et empruntée, la Petite Ourse tirée par l’étoile polaire, les Gémeaux guidés par Castor et Pollux, Cassiopée la reine déchue. Et, perdue au loin et invisible à l’œil nu, Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche de notre système solaire…Chronique du 27 avril 2018.

La Fraîcheur de l’herbe d’Alain Corbin aux éditions Fayard. Ah le joli mois de mai ! Quel poète ne l’a pas chanté de Virgile à Ronsard, de Charles d’Orléans à Alain Bosquet, de Daniel Cohn-Bendit à Jean-Luc Mélenchon ? Le mois de mai est pourtant l’un des plus diaboliques mois de l’année pour le jardinier…Chronique du 9 mai 2018.

Et si Platon revenait de Roger-Pol Droit, aux éditions Albin Michel. Chaque fleur, chaque crosse de fougère, chaque arbrisseau ont déjà été immortalisés dans la mémoire des appareils. Au point que je me suis demandé si mes compagnons ne découvraient pas plutôt la nature à travers leur petit écran qu’avec leurs propres yeux. Là, la scène m’évoque surtout le fameux mythe de la caverne de Platon…Chronique du 22 mai 2018.

Penser comme un arbre, Jacques Tassin, aux éditions Odile Jacob. Que pèsent les 80 années d’existence moyenne d’un être humain face aux siècles sinon aux millénaires du chêne, de l’épicéa ou de l’olivier ?...Chronique du 29 mai 2018.

Bonnes lectures et bonnes vacances.

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19 juin 2018

La bonne question.

Laure_FaFavre_Kahn_

     La pluie n'était pas prévue. Elle s'est invitée. Ce qui offre une belle opportunité au jardinier pour ne rien faire au jardin et un non moins beau prétexte pour réécouter Laure Favre-Kahn dans le scarbo du Gaspard de la nuit de Maurice Ravel.  La pianiste se joue des périlleuses difficultés techniques imposées par le compositeur et entraîne l’auditeur dans un féérique voyage en compagnie du petit lutin charmeur du poème d’Aloysius Bertrand. Je décide de jouer moi aussi ma partition et allume mon ordinateur.

Après une interminable attente pour cause de liaison internet nonchalante, j’accède enfin à mes "mails". Il me faut alors naviguer à vue entre les canulars, les affabulations, les attrape-nigauds et les vraies publicités maquillées comme des mères maquerelles pour retenir l’attention. Je m’apprête à tout déverser dans la poubelle lorsqu’un message retient toutefois mon attention. La tenancière de la librairie du Chat Botté me sollicite pour une séance de signature un samedi à venir. Qui est cette charmante libraire et où se situe son estaminet ? J’interroge mon moteur de recherche.

D’emblée, le système annonce fièrement plus de 42 000 occurrences en 0,55 secondes. Les plus visitées ou celles mises en avant défilent joyeusement sous mes yeux. Un clic ici, un clic par-là, le hasard décide pour moi et je me laisse emporter par le cours des choses, les enchaînements d’idées, les approximations, les banalités. Leur défilement n’exige de moi aucune attention particulière, juste un réflexe pavlovien auquel je me soumets sans même m’en apercevoir. Et je pourrais naviguer ainsi des heures, à peine ballotté par le ressac informatique, hors du temps et de l’espace. Plus de nord, plus de sud, plus de haut, plus de bas, plus de bien, plus de mal. Je n’ai pas à choisir. Il me suffit d’aller dans le sens du vent, dans un abandon qui me laisse apathique et indolent. Dans un renoncement à toute réflexion et à toute pensée. Une abdication de toute volonté. Un reniement tacite de mon intention d’origine.

Où m’auraient conduit ces enchaînements pervers si j’avais posé une véritable question ? Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce que le beau, le vrai, le bon ? Qu’est-ce qui est juste ou injuste ? En réalité, nous ne nous interrogeons qu’à de rares occasions sur ces concepts hautement philosophiques. Mille divertissements titillent déjà en permanence nos sens et nos neurones sans qu’il soit nécessaire de faire appel à des notions aussi vastes et parfois même angoissantes pour habiller les heures qui s’écoulent toujours trop vite. Qui s’inquiète, entre la poire et le fromage, de la place de la notion d’éternité dans un monde à la fois fini et sans issue ? Et si vous voulez partager votre souci avec votre voisin, votre boulangère, l’épicier du coin de la rue ou le facteur, vous n’aurez probablement droit qu’à un sourire apitoyé en guise de réponse, un haussement d’épaules. Ce ne sont là que galères pour bachelier, que sujets d’expert à la télévision, que contes pour enfants.

Nous préférons bien nous laisser submerger, guider, diriger par le flux incessant de nos petites distractions, nos petits plaisirs, nos petits rires, nos petites jouissances. Emmitouflés dans notre petit confort désabusé.

Alors, la prochaine fois, au lieu de chercher à résoudre, grâce à la toile, des problèmes de tuyauterie, de boulons inversés ou de date de péremption, posez une "vraie" question. De celles qui vous tiennent particulièrement à cœur. Juste par curiosité.  (Lire L'Esprit d'invention. Le Jeu  et les Pouvoirs d' Elisabeth Dufourcq aux éditions Odile Jacob.)

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14 juin 2018

Elle m'allait si bien !

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     Puisque le ciel persiste à suivre les prévisions de la dame météo, le jardinier jardine sous abri. Profitant alors malicieusement du moment crucial où ses mains sont plongées dans la terre des jardinières pour repiquer les ultimes plants de verveine, de bidens et autres sauges, le téléphone sonne. Je suis dans le fossé ! Tu viens me chercher ?

Je comprends bien que ce n’est pas mon interlocutrice qui est dans le fossé mais sa voiture. Mais nous donnons tant d’importance à nos biens les plus proches que nous avons souvent tendance à les considérer comme une partie de nous-mêmes. Comme pour le nourrisson son doudou ou ses jouets, s’en séparer est un déchirement, les partager une souffrance, les perdre une désespérance. Je rechigne ainsi souvent à confier, même à mes meilleurs amis, mes livres préférés.  Je les ai touchés et parfois caressés, de l’index humecté j’en ai tourné les pages et abandonné ainsi quelques bribes d’ADN, je les ai parcourus, reposés, repris, abandonnés ou épuisés jusqu’à la dernière ligne, la dernière métaphore, jusqu’au dernier mot. Je les ai même parfois relus. Ils sont devenus moi.

Quelques instants de réflexion suffiraient pourtant à comprendre que cet attachement puéril à des objets aussi courants relève surtout d’une incohérence de pensée. Car un livre ou une voiture, ne sont jamais que des copies d’objets conçus dans des bureaux ou des laboratoires, fabriqués dans des ateliers ou des usines et commercialisés à des milliers d’exemplaires de par le monde. Un jour, lors d’une séance de signature dans un salon dit littéraire, une brave dame observe d’un œil perplexe les romans étalés devant moi. C’est vous qui les avez écrits ? Bien sûr que non, lui répondis-je. Je n’ai écrit que les modèles ! C’est l’imprimeur qui a fait le reste. D’où vient alors ce sentiment de perdre une partie de soi en les abandonnant à d’autres mains ? Tous ces objets qui encombrent les parkings, les tiroirs, les étagères sinon même les armoires n’ont et ne devraient avoir qu’une valeur d’usage.  Mais ils ont si bien su nous apprivoiser qu’un lien presque indéfectible s’est créé entre nous.

Tous les stylos feutres exposés sur ce présentoir se ressemblent. Mais avant de vous décider, vous vérifiez qu’ils ne présentent aucune anomalie, aucune imperfection.  Vous vérifiez qu’ils sont bien tous identiques. Un infime défaut ne l’empêcherait certes pas d’écrire, ce pour quoi vous souhaitez vous le procurer, mais vous voulez exactement l’un de ces millions de crayons feutres parfaitement identiques qui existent de par le monde ! Passée la caisse, vous le glissez dans votre poche. Il est à vous. Il est vous.

Debout au milieu du parc automobile de votre concessionnaire habituel, vous contemplez l’alignement de véhicules qui correspondent à votre besoin ou à votre souhait. Hormis leur couleur, ils sont tous semblables. Et pourtant, dès que le vendeur vous remet les clés de l’un d’entre eux,  vous vous empressez d’y déposer votre petit carnet et son crayon, votre boite de mouchoirs en papier, votre carte IGN toute froissée que vous n’utilisez plus depuis longtemps pour cause de GPS intégré, et le petit ours en peluche qui se balance au rétroviseur de voiture en voiture depuis votre permis de conduire. Cette voiture est à vous. Cette voiture est vous.

Et en cas d’accrochage, de dérapage ou quelque autre panne, vous la verrez s’éloigner d’un œil chagrin. Au garage, un expert de l’assurance prescrira peut-être même de l’envoyer "à la casse". Une voiture à la fois si commune et pourtant si singulière puisque c’était "votre" voiture !

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